Revue de presse

"Fin de vie : la piste du référendum sème le trouble" (Le Figaro, 7 nov. 23)

(Le Figaro, 7 nov. 23) 7 novembre 2023

[Les éléments de la Revue de presse sont sélectionnés à titre informatif et ne reflètent pas nécessairement la position du Comité Laïcité République.]

"Emmanuel Macron a évoqué la possibilité d’une extension du référendum sur cette réforme de société, inquiétant les partisans du projet de loi déjà programmé.

Par Célestine Gentilhomme

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[...] Un projet de loi sur la fin de vie est pourtant déjà dans les tuyaux. Le texte, porté par la ministre déléguée à la Santé, Agnès Firmin Le Bodo, doit même être présenté « au mois de décembre » en Conseil des ministres, avant d’être débattu à l’Assemblée nationale puis au Sénat début 2024. Cette grande réforme de société, dont les contours doivent encore être définis, s’oriente notamment vers le suicide assisté pour des patients majeurs atteints d’une maladie incurable, avec un pronostic vital engagé à moyen terme. La perspective d’un référendum pourrait-elle couper court au travail parlementaire ? Contacté par Le Figaro, le cabinet de la ministre Agnès Firmin Le Bodo ne souhaite pas faire de commentaire.

« Il serait totalement illogique qu’il y ait un projet de loi et dans le même temps un référendum, balaie le député LR et urgentiste Philippe Juvin. C’est soit une voie, soit l’autre. Ça ne peut pas être les deux ! » Et de grincer : « Il y a une analyse politique qui est faite derrière par le président. Il ne faut pas être naïf : s’il choisissait cette voie, ce serait pour une question d’exposition. »

L’hypothèse d’un référendum sur cette question épineuse interroge jusque dans le camp présidentiel, où certains mettent en garde sur le risque de renvoyer le dossier de la fin de vie « aux calendes grecques ». « Faire un référendum sur le sujet, c’est procrastiner une fois de plus. Or, on ne peut plus attendre : il faut changer la loi tout de suite », alerte le député MoDem Olivier Falorni, en première ligne sur le projet de loi. À la tête de la mission d’évaluation de la loi Claeys-Leonetti sur l’accès aux soins palliatifs, le parlementaire s’inquiète également de voir le travail législatif balayé par un appel aux urnes. « Ce serait une mauvaise idée d’arrêter brutalement ce processus législatif, qui a déjà été enclenché, en optant plutôt pour un référendum », poursuit-il.

Certains pourtant voient d’un bon œil cette option, qui permettrait de trancher des questions plus sensibles, et n’ayant pas été traitées volontairement dans le projet de loi. « L’aide active à mourir me semble, par exemple, plus légitime à être soumise au référendum. C’est un sujet lourd et intime sur lequel les Français doivent être interrogés », plaide ainsi la députée Renaissance Astrid Panosyan. Bien que plébiscitée par la convention citoyenne sur la fin de vie qui a précédé le projet de loi, la mesure divise sur ses conditions d’accès. Le texte du gouvernement pourrait alors, selon la députée, « servir de base » à une consultation. [...]"



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