Revue de presse

"Sport, éducation, santé, université : enquête sur cette « transmania » qui a conquis les sociétés occidentales" (Le Figaro, 5 av. 24)

(Le Figaro, 5 av. 24) 8 juin 2024

[Les éléments de la Revue de presse sont sélectionnés à titre informatif et ne reflètent pas nécessairement la position du Comité Laïcité République.]

Dora Moutot et Marguerite Stern, Transmania. Enquête sur les dérives de l’idéologie transgenre, Magnus, 11 avril 2024, 398 p., 21 €.

"EXCLUSIF - Dans Transmania, une enquête percutante et documentée, Dora Moutot et Marguerite Stern, deux féministes engagées, montrent comment l’idéologie transgenre a pénétré en profondeur la société. Un livre essentiel pour comprendre l’ampleur d’un scandale sanitaire et social.

Extraits présentés et sélectionnés par Eugénie Bastié

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Tout a commencé en 2019. À cette époque, nous ne nous connaissions pas encore, mais nous étions chacune de notre côté en train de devenir de nouvelles égéries du féminisme français. Marguerite militait contre les féminicides et les violences conjugales avec des collages de rue, et Dora pour une sexualité féminine épanouie a travers son compte Instagram @tasjoui. Sur les réseaux sociaux, des gens ont commencé à nous dire qu’il fallait inclure Robert dans nos combats féministes. On a même dit à Dora qu’elle devait parler de son « pénis de femme » sur son compte sexo. Comme toute personne saine d’esprit l’aurait fait, nous avons refusé de dire que Robert est une femme, car Robert est un homme.

L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais c’est alors que les fous furieux du transgenrisme ont commencé à nous harceler. Nous nous sommes retrouvées face à des meutes sous hypnose collective qui répétaient en boucle des mantras comme « les femmes trans sont des femmes », et avec qui il était impossible de converser normalement. La transmania, cette espèce de frénésie trans, nous a frappées de plein fouet. (…) Depuis quatre ans, nous recevons insultes et menaces quotidiennement. Twitter et Instagram ont supprimé et censuré nos comptes plusieurs fois.

Parmi les tweets censurés : « Les femmes sont des femelles Homo sapiens et les hommes sont des mâles Homo sapiens. » Dora a perdu tous ses contrats. Marguerite s’est pris des œufs dans le visage. Un certain vide s’est fait autour de nous. On a commencé à nous marteler un mot jusqu’alors inconnu au bataillon : « TERF ». Ce mot désigne les femmes comme nous. Les femmes qui disent qu’être une femme n’est pas un ressenti, mais une réalité biologique, que « naître dans le mauvais corps » ça n’existe pas, et que les hommes n’ont rien à faire dans les vestiaires et les compétitions sportives féminines.

Quand les athlètes trans raflent les médailles

Le site SheWon.org recense depuis 2006 plus de 608 compétitions que des athlètes féminines auraient dû gagner, et qui se sont fait voler le podium par des hommes transféminins.

C’est arrivé en France pour la première fois le 7 mai 2023. Un homme transféminin nommé Halba Diouf a terminé premier dans une course départementale féminine de 200 mètres avec un temps de 22” 67. En dépit des règles émises par la Fédération internationale d’athlétisme, la Fédération française a autorisé ce monsieur à concourir jusqu’au niveau départemental. Il est ainsi passé de la 980e place nationale à la 58e place mondiale, en un claquement de doigts, en déclarant qu’il était une femme, car il prenait des œstrogènes. Il est apparemment nécessaire de l’expliquer : les différences physiques entre femmes et hommes influent sur leurs performances sportives. Serena Williams affirme elle-même qu’elle perdrait « 6-0, 6-0 en cinq minutes face à Andy Murray ». À titre d’exemple, le record du 100 mètres féminin détenu par Florence Griffith-Joyner est de 10” 49, quand le record masculin détenu par Usain Bolt est de 9” 58. L’écart de chronomètre est d’environ 10 % du temps total de la course et reflète l’écart moyen entre les performances des femmes et des hommes à un niveau international.

L’une des excuses parfois invoquées par les transgenristes pour légitimer la présence de mâles transféminins dans les compétitions des femmes est que la prise d’œstrogènes diminue leur masse musculaire. Ils disent vrai. Mais ils mentent par omission : indépendamment de nos hormones, plus de 3000 gènes contribuent à la différence de musculature entre les sexes. Et ni ces gènes ni la différence de taille ou d’ossature ne peuvent être modifiés par la prise d’hormones.

Remboursé par la Sécu

S’il (personne désirant une transition) obtient une ALD 31 (affection de longue durée dite « hors liste »), une partie de ces « soins » sera remboursée par la Sécurité sociale. Après avoir bataillé pour faire retirer le transsexualisme de la liste des maladies psychiatriques, les militants trans se sont rendu compte qu’il allait être difficile de se faire rembourser l’assistance médicale qu’ils réclament par l’État. Mais, en 2010, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a volé à leur secours en ajoutant le « trouble de l’identité de genre » à la liste des ALD 31. Ainsi, Robert a la possibilité de se gaver d’hormones femelles, de se faire couper la b*** et de se faire refaire le visage aux frais du contribuable. Certaines caisses primaires d’assurance-maladie (CPAM) remboursent même l’épilation définitive au laser et les séances d’orthophonie visant à rendre la voix plus aiguë.

Le pompon, c’est que les transgenristes ne sont toujours pas satisfaits du traitement spécial qui leur est réservé. Dans un rapport commandé par le ministre de la Santé Olivier Véran, l’association Acceptess-T demande que l’État français aille encore plus loin : prise en charge totale de l’épilation définitive et des séances d’orthophonie par toutes les CPAM, plus d’obligation de fournir un certificat psychiatrique pour se faire couper le sexe… Selon Acceptess-T, les parcours de soins devraient « être dépsychiatrisés sans être “apsychiatrisés” ». (…)

Pendant ce temps-là, il faut toujours débourser un demi-smic pour se faire arracher une dent, et 5000 euros au minimum pour traiter un lipœdème, maladie typiquement féminine.

Rejet de la féminité

Sur Reddit, nous avons trouvé d’autres témoignages de femmes qui racontent qu’elles ont transitionné par rejet de leur féminité. Elles disent qu’elles ont envie de courir sans avoir mal aux seins, qu’elles veulent une voix plus grave, qu’elles sont plus à l’aise dans des vêtements de garçons, qu’elles ont envie de pouvoir se mettre torse nu et d’uriner debout, de se sentir en sécurité dans la rue, d’être traitées comme un homme, de faire des sports d’hommes… L’une d’entre elles explique : « Être une femme relève de la performance. Je préfère le rôle social des hommes. » Elles sont les nouveaux « garçons manqués ». Devenir un homme semble plus facile. Nous les comprenons. Mais nous pensons qu’elles prennent le problème à l’envers : le problème, ça n’est pas leur corps, c’est la façon dont il est considéré. Nous pensons que le féminisme a peut-être sa part de responsabilité dans le fait que les femmes veulent aujourd’hui devenir des hommes comme les autres et vice versa. Il a participé à glorifier le masculin en le désignant comme but à atteindre et a réduit la féminité à quelque chose de peu enviable.

Témoignage d’une « détransitionneuse »

Aujourd’hui, Prisha vit dans un corps détruit. À cause des injections de testostérone, elle est atteinte du syndrome des ovaires polykystiques ; son cycle menstruel est irrégulier et elle ne sait pas si elle pourra avoir des enfants un jour. Elle souffre d’hypertension artérielle et a pris beaucoup de poids. Des poils épais ont poussé sur son dos, son torse, ses bras, et même ses pieds. Malgré l’arrêt des injections, ils ne partiront jamais d’eux-mêmes. Elle doit faire des séances de laser pour les éliminer.

Son vagin s’est atrophié au point qu’elle ne peut plus mettre de tampons. Elle saigne lors des rapports sexuels. L’hypertrophie de son clitoris lui provoque des douleurs aiguës au moindre frottement. Prisha n’a pas subi d’opération dite de réassignation sexuelle ; pourtant, elle raconte qu’elle vit les effets irréversibles de la testostérone sur son sexe comme une véritable mutilation : « J’ai l’impression d’avoir été un objet d’expérimentation. J’ai l’impression d’être un monstre. Je me sens démolie. »

(…) Les médecins qui ont prescrit de la testostérone a Prisha savaient parfaitement qu’elle était atteinte de comorbidités graves ; c’est dans le même hôpital où elle était suivie pour son anorexie qu’on lui a fourni des injections dès le premier rendez-vous. Sa lettre de recommandation était déjà préécrite par le médecin ; il n’y avait qu’à ajouter son nom et son prénom dessus. Alors qu’elle se mutilait et commettait régulièrement des tentatives de suicide, les médecins lui ont assuré que transitionner la sauverait de ses pulsions suicidaires.

(…) Lors d’un rendez-vous médical en famille, les médecins ont affirmé à sa mère que leur fille se suiciderait si elle s’opposait à sa transition. « Préférez-vous avoir un fils vivant ou une fille morte ? » : la punchline préférée des médecins trans affirmatifs.

Contagion sociale chez les enfants

À l’hôpital public, ça n’est pas mieux. Il existe a minima dix unités spécialisées dans l’accueil des moins de 20 ans se déclarant trans (Lille, Rouen, Tours, Bordeaux, Lyon, Toulouse, Marseille, et quatre a Paris). Dans certaines de ces unités, il faut compter plusieurs mois pour obtenir une première consultation, d’autres ont fermé la prise de rendez-vous tellement l’afflux est important. « Des enfants à partir de 10 ans viennent nous voir après avoir visionné des émissions à la télévision. Ces dernières agissent comme un révélateur », a déclaré la docteur Agnès Condat, pédopsychiatre a la Pitié-Salpêtriere, à Marianne. Un « révélateur » ? Vraiment ? Ou bien une incitation à suivre une mode et la réponse facile a tous les maux ? Madame Condat a-t-elle connaissance des études de la docteur Littman que nous avons citée précédemment, concernant la contagion sociale et la dysphorie de genre d’apparition rapide ? Si un scandale sanitaire advient en France ; si dans dix ou quinze ans on se rend compte que des enfants et des adultes vulnérables ont été mutilés à la chaîne, qu’on a pratiqué des thérapies de conversion sur de jeunes homosexuels en leur faisant croire qu’ils deviendraient hétéros en transitionnant, plutôt que de les aider à accepter leur homosexualité ; si les services d’endocrinologie et de psychiatrie se retrouvent saturés par des demandes de personnes qui ont été amputées et détruites chimiquement, ils ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas. Maintenant, il faut se réveiller et limiter la casse.

Le mot « femme » disparaît

Le mot femme disparaît, et le vocabulaire scientifique et médical avec. Dans un livret médical, l’hôpital NHS de Brighton (Sussex, Royaume-Uni), somme les sages-femmes de préférer les termes « lait humain », « lait des seins/du torse », ou « lait provenant du parent allaitant » au lieu de « lait maternel ». Toujours dans le même livret, on demande au personnel de parler de « trou du devant » ou d’« ouverture génitale » pour désigner le vagin. Trou du devant, tu as bien lu. Dans un rapport datant du 20 mai 2022, le ministère de la Santé canadien évoque la santé des « personnes menstruées ».

Et la France n’est pas épargnée. Dans son lexique trans, le Planning familial désigne le sexe comme un « construit social basé sur des observations moyennes des différences biologiques entre les genres. Il est communément admis scientifiquement que le sexe est un spectre. Peut également désigner l’appareil génital. » Parmi les « termes a ne pas utiliser », l’institution cite les mots « mâle/femelle » et « masculin/féminin ».

Sur son site Internet, le département Psychiatrie et neurosciences du GHU de Paris nous parle du sexe « assigné à la naissance ». Dans un document relatif aux parcours de transition des personnes transgenres publié le 7 septembre 2022, la Haute Autorité de santé (HAS) nous parle également de sexe « assigné ».

Dans une fiche pratique concernant le respect des droits des personnes trans publiée en novembre 2019, le gouvernement français parle encore de « sexe assigné à la naissance ». Dans un rapport de décision du défenseur des droits datant du 18 juin 2020, devinez quoi… « sexe assigné a la naissance » !

Quelle fatigue ! À la naissance, personne n’assigne rien à personne, en dehors des rarissimes cas d’intersexuation, tu es mâle ou tu es femelle, point. Si ça continue comme ça, on nous parlera bientôt de date de naissance, de poids, de taille et de pouls cardiaque assigné. Les réalités biologiques, physiques, matérielles ne sont pas relatives ; elles sont, point - jusqu’à preuve du contraire.

Quelle alternative ?

Bien que nous critiquions les récents « droits trans », nous ne nions pas que les personnes transidentifiées souffrent de véritables discriminations et qu’il est normal qu’elles se battent pour obtenir une protection. Mais pour revendiquer leurs droits, les transgenristes clament des slogans comme « Les personnes trans existent ! » ou « Nous ne serons pas effacés ». Comme si les opposants à leur idéologie souhaitaient leur disparition.

La philosophe Jane Clare Jones répond : « Nous ne débattons pas de si vous existez. Nous débattons de si vos croyances métaphysiques sur l’identité de genre doivent devenir la base de la loi et des politiques publiques, en effaçant la reconnaissance politique du sexe et l’existence des femmes comme une classe spécifique dans le droit. »

Il existe dans le monde d’autres réponses juridiques qui nous semblent plus justes que la réponse occidentale. Il y a peu de pays ou l’on voit autant d’hommes transféminins qu’en Thaïlande. Pourtant, pour ces « ladyboys », il n’est pas possible de changer juridiquement de sexe, car, dans ce pays, le sexe reste une donnée biologique. Mais pour s’assurer qu’ils ne subissent pas de discriminations, en 2015, une loi est passée afin de protéger « ceux qui ont une apparence différente de leur sexe de naissance ». Ainsi, la Thaïlande a trouvé une solution simple pour ne pas s’engouffrer dans la fiction légale occidentale, tout en protégeant les personnes trans."


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