Revue de presse

"Syrie : les couveuses de Daech" (leparisien.fr , 4 déc. 15)

6 décembre 2015

"L’organisation terroriste prépare déjà la génération d’après, celle de ses futurs combattants, en planifiant méthodiquement la naissance de « bébés Daech » pour peupler le califat. Glaçant.

Des nourrissons biberonnés à l’idéologie jihadiste. Des femmes recrutées pour procréer. Le groupe Etat islamique (EI ou Daech en arabe) prépare méthodiquement l’avenir. Les dignitaires du groupe terroriste le savent : pour devenir un véritable Etat, il faut un peuple. Ils couvrent déjà un territoire de 8 à 10 millions d’habitants, aussi vaste que la Grande-Bretagne, à cheval entre la Syrie et l’Irak.

Et pour poursuivre leur expansion démographique, ils comptent sur leurs quelque 60 000 combattants, dont la moitié d’étrangers. Outre la guerre, ces « soldats du califat » ont pour mission d’engendrer les prochaines générations de l’EI. A l’instar du terrifiant projet Lebensborn conçu par les nazis du IIIe Reich pour créer des enfants aryens parfaits, les cadres de Daech ont planifié une politique de reproduction. A une différence près. « Contrairement aux nazis, ils ne cherchent pas la pureté ethnique mais spirituelle. Ils veulent enfanter une génération de bons radicaux, très pieux », explique une source du renseignement. « Ils sont dans une démarche de long terme. Ils cherchent à construire des familles », révèle un autre.

Les femmes, notamment les Européennes, font donc l’objet d’une attention toute particulière des recruteurs de Daech. « Elles ont deux fonctions essentielles : assurer le repos du guerrier et peupler le califat », explique un spécialiste du dossier. Et le nombre des candidates ne cesse de croître. En octobre 2013, les Françaises représentaient 12 % des jihadistes sur place. Selon nos informations, elles forment désormais 35% du contingent tricolore, dont 30% de converties (soit près de 200 femmes sur les 580 Français qui ont rejoint les rangs de Daech). « Lorsqu’une célibataire arrive, elle est intégralement prise en charge par l’EI, qui la met en relation avec des combattants, comme le ferait une agence matrimoniale, précise une éminence du renseignement. D’autant que les jihadistes francophones peinent à s’unir avec des locales, car les familles syro-irakiennes rechignent à laisser leurs filles à des étrangers qui n’ont pas bonne réputation. Et les combattants étrangers préfèrent les converties, plus radicales. »

Une fois unies, ces femmes n’ont plus qu’une mission : enfanter. « Elles vivent entre elles dans des phalanstères (NDLR : communautés), poursuit notre expert. Leurs combattants de maris les rejoignent quand ils peuvent. Au bout d’un an à dix-huit mois maximum, il faut qu’elles aient un enfant. » Jamais seules, ces épouses sont surveillées non-stop par la brigade Al-Khansaa, composée exclusivement de miliciennes en burqas noires.

Combien de nourrissons ont donc vu le jour sur ces terres de terreur ? Selon nos informations, au moins un bébé est rentré en France avec l’un de ses parents, jihadiste repenti. « Leur nombre va augmenter de manière exponentielle », s’alarme une source officielle, qui relève qu’un vide juridique total pèse sur le statut de la progéniture des jihadistes français. Une fois sortis du berceau, les enfants de Daech sont pris en charge par des structures spécialisées. Des écoles coraniques mais aussi des sortes de « centres de loisirs » où l’acte de tuer et la haine de l’Occident leur sont inculqués dès le plus jeune âge. « On leur apprend avec des armes factices », achève notre source. Ou comment semer dans ces jeunes esprits les graines du jihad et préparer la relève terroriste.

Daech soigne le recrutement des mères des futurs jihadistes. « Les jeunes Françaises radicalisées sont la cible d’un harponnage intensif sur les réseaux sociaux de la part des recruteurs pour les faire venir en Syrie », détaille un expert du renseignement. Les départs de ces jeunes femmes, parfois mineures et sans ressources, sont financés par l’EI. « Dans sa propagande, le groupe appelle à la hijra ( NDLR : émigration vers un pays musulman) et met en scène la qualité de la vie de famille et la possibilité de vivre pleinement sa religion en terre d’islam, en portant le voile intégral en toute quiétude. » [...]"

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