Revue de presse

"La CFDT a rayé le mot « chrétien » de ses statuts" (lefigaro.fr , 5 juin 14)

7 juin 2014

"La centrale a supprimé toute référence au christianisme dans ses statuts. Un changement d’apparence anecdotique mais qui va compliquer tout rapprochement avec la CFTC.

C’est par un vote à l’égyptienne (plus 96 % des voix pour !) que la CFDT a rompu les amarres mercredi soir, au 3ème jour de son congrès qui se déroule jusqu’à vendredi à Marseille, avec le christianisme. Une rupture consommée par la simple suppression d’une expression dans ses statuts. Jusqu’à ce vote, le préambule du texte fonfateur de la CFDT se référait « aux différentes formes d’humanisme, dont l’humanisme chrétien ». Désormais, la centrale restera simplement « fidèle à ses traditions humanistes ». Exit donc toute référence à Dieu ou Jésus…

Cette modification de quelques mots peut paraître anecdotique. D’évidence, la question de la référence à l’humanisme chrétien n’est pas la préoccupation majeure des salariés français ! Mais dans le monde syndical, les symboles et les ancrages idéologiques sont importants. Et pour la CFDT, la référence au christianisme était tout sauf anodine. Car la centrale est née en 1964 de la scission avec la CFTC, le syndicat chrétien fondé en 1919. A l’époque, les dirigeants fondateurs de la CFDT voulaient déconfessionnaliser le syndicat. Mais la notion « d’humanisme chrétien » avait été maintenue dans ses statuts, suite à un compromis, pour éviter de voir partir trop de troupes.

En 2014, dans une société très laïcisée, ce risque n’a plus cours. Le changement dans les statuts ne fait que traduire en mots un état de fait. « Reste que les discours actuels de la CFDT -sur l’équilibre à trouver pour le bien de tous, la grève en dernier recours- ressemblent furieusement à ceux des syndicats chrétiens des années 1930 », ironise un chercheur. L’Histoire -pour ne pas dire l’inconscient- bégayent parfois ! [...]

En tous cas, cette suppression de la notion d’humanisme chrétien dans les statuts de la CFDT va compliquer toute fusion avec la CFTC. « La CFTC affirme son attachement à la morale sociale chrétienne. Les militants y sont très attachés », a d’ailleurs rappelé Philippe Louis, son président, le 27 mai devant l’Association des journalistes de l’information sociale (AJIS). Mais sans convaincre personne… La réaffirmation d’un syndicalisme chrétien était d’ailleurs l’une des principales justifications de la centrale lors de sa violente opposition, en 2008 et depuis, à la réforme de la représentativité syndicale qui aurait pu/du conduire à la disparition de la centrale catholique de l’échiquier.

D’ailleurs une anecdote résume facilement le difficile rapprochement entre les deux centrales, que d’aucuns appellent de leurs vœux et qui serait somme toute logique tant les positions qu’elles défendent sont proches et tant elles paraphent tous les accords nationaux ensemble. Il y a quelques années, François Chérèque, l’ex-patron de la CFDT, avait demandé lors d’un « déjeuner de barbus » à son homologue CFTC de l’époque, Jacques Voisin, quand la centrale chrétienne comptait revenir au bercail. Comprenez à la CFDT. « Ce n’est pas nous qui sommes partis en 1964, donc ce n’est pas à nous de revenir », avait répondu, du tac au tac, le président de la CFTC. Preuve, s’il en fallait une, que le syndicalisme français, même dans sa version réformatrice, n’est pas prêt de se rapprocher…"

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